Rêve du 12 mars 2018

Le travail de gravure de Gérard Trignac est en train de débloquer ma vision de la Cité de la Contrée des Rêves. L’exploration de cette ville va se faire en plusieurs rêves, chacun ayant pour cadre des lieux précis de la ville tentaculaire.

Les gravures de Gérard Trignac, à retrouver ici, représentent idéalement cette cité, la plus grande des Rêves, sa capitale en quelques sortes. Une cité fantomatique, cyclopéenne, aux proportions démesurées, inhabitée ou du moins laissée à l’abandon depuis un temps que l’on a fini par oublier.

Ses fondations englouties, traversée de mille canaux, égouts, ses ponts suspendus, ses tours élancées, perçant les cieux et les nuages.

Mélange des cités européennes de la Renaissance, abâtardisées, vérolées, sclérosées et des villes de l’empire soviétique, monstres administratifs aux avenues coulant comme des fleuves, aux immeubles brutalistes, aux tramways hors d’age, la Cité ses Songes incarne un cauchemar urbain et architectural que tout rêveur a au moins une fois expérimenté lors de ses voyages nocturnes.

Image récurrente des songes, les ville-mondes nous écrasent, nous pétrifient. Labyrinthes sans fin, courses effrénées pour tenter d’en sortir, passages et architectures illogiques, ces cités symbolisent l’errance, la perte de sens, la démence.

Qui vivait dans cette ville ? Y travaillait ? Où sont ses habitants ? En a-t-elle jamais eu ? Cette ville est-elle elle-même un rêve dans le rêve ? Une cité rêvant d’une cité ?

Et si ce labyrinthe n’avait pas d’issue ?

On pourrait dresser à l’infini la liste des cités imaginaires, ce que certains ont fait, ici ou ici. Cela démontre cette fascination pour l’urbanisme imaginaire, onirique, cauchemardesque.

Je reviendrai plus tard sur les gravures de Gérard Trignac. Maintes et maintes fois, même. D’ici là, je continue d’explorer cette cité qui n’a pas encore de nom.

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